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« Cochonou », « Médaille Chocolat », « Hernu Cross » : pendant des décennies, certains militaires d’active n’ont pas mâché leurs mots sur cette décoration créée en 1982. La raison ? Elle était attribuée après seulement six mois de service militaire obligatoire, ce qui la faisait ressembler davantage à une formalité administrative qu’à une vraie reconnaissance. Mais depuis la fin de la conscription en 1997, tout a changé. La médaille de la Défense Nationale a retrouvé un sens profond, portée avec fierté par les militaires de réserve, les personnels civils du ministère des Armées et les soldats d’active engagés dans des missions opérationnelles exigeantes. Son surnom persiste. Son prestige, lui, a bien grandi.

Une médaille née d’une idée de général ?

L’histoire est piquante. L’initiative vient du général Alain de Boissieu, ancien chef d’état-major de l’armée de Terre et gendre du général de Gaulle. Son objectif : récompenser les soldats effectuant leur service militaire, qui n’avaient jusqu’alors aucune décoration spécifique. C’est Charles Hernu, ministre de la Défense de l’époque, qui concrétise l’idée par le décret du 21 avril 1982.

À l’avers, la médaille arbore l’effigie de la Marseillaise de Rude avec la mention « République Française ». Au revers, un bonnet phrygien et l’inscription « Armée-Nation — Défense Nationale ». Le ruban est rouge foncé, traversé d’une bande centrale bleu outre-mer, avec des liserés blanc ou jaune selon l’échelon obtenu. Simple, reconnaissable, républicain.

Qui peut recevoir la médaille de la Défense Nationale aujourd’hui ?

Le périmètre est plus large qu’on ne l’imagine. Cette distinction militaire récompensant l’engagement au service de la défense est accessible aux militaires d’active ou de réserve des trois armées (Terre, Air, Mer) ainsi qu’aux personnels de la Gendarmerie, du Service de santé des armées et des formations rattachées au ministère. Elle peut également être décernée à certains civils ayant rendu des services remarquables à la défense nationale, voire à des ressortissants étrangers dans des cas exceptionnels.

Fait moins connu : en France, les chiens et chevaux militaires peuvent eux aussi la recevoir. Plusieurs chiens de guerre l’ont obtenue, notamment pour avoir détecté des engins explosifs en Afghanistan ou déjoué des embuscades. Ce n’est pas anecdotique. C’est une reconnaissance officielle, inscrite dans les textes.

Bronze, argent, or : comment progresse-t-on d’un échelon à l’autre ?

La médaille comporte trois échelons distincts. L’échelon bronze marque généralement le début de parcours, une première mission significative ou une période initiale de service. L’échelon argent récompense un engagement plus prolongé ou un comportement exceptionnel. L’échelon or couronne des états de service de haut niveau, parfois après une citation ou une affectation remarquable.

Il n’est pas nécessaire d’avoir obtenu le bronze pour être proposé à l’argent. La progression peut être accélérée selon les circonstances de service. Chaque échelon constitue une médaille distincte, pas un simple rappel ou une barrette ajoutée sur la même pièce.

Que racontent les agrafes sur le ruban de la médaille de la Défense Nationale ?

C’est là que la médaille devient véritablement personnelle. Les agrafes métalliques fixées sur le ruban indiquent l’arme d’appartenance (Infanterie, Marine, Aviation légère de l’armée de Terre…) et les zones géographiques où le titulaire a servi (Opérations extérieures, Sahel, Liban…). Le nombre maximum d’agrafes conservées sur le ruban est de trois.

En novembre 2024, un nouvel arrêté du ministre des Forces armées a ajouté une agrafe intitulée « Monde combattant », portant à cinquante le nombre total d’inscriptions possibles. Chaque ruban raconte ainsi une histoire militaire unique, lisible pour qui sait décoder ce langage.

Comment se déroule une remise officielle ?

La cérémonie de remise est très codifiée. Elle comprend la lecture du décret ou de l’arrêté, un discours du supérieur hiérarchique ou d’un représentant de l’État, puis la remise par un officier supérieur. Pour les plus hautes distinctions, la remise peut être effectuée par un ministre ou le Président de la République. La présentation au drapeau accompagne souvent le moment, devant les troupes rassemblées.

Ces cérémonies ont lieu en base, en caserne, sur le terrain lors d’opérations extérieures, ou encore lors du 14 juillet. Elles peuvent se tenir à titre posthume, en présence des familles. Pour l’entourage du récipiendaire, c’est souvent la première fois qu’il mesure concrètement ce que signifie « servir ».

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